TEMOIGNAGE TRADITION KMER 3



Bonjour et bonne année à tout le terre!

Merci à toi le big Warman pour cette initiative sur la valorisation de la culture Kamer.


Je suis Bassa'a et voici comment la coutume de chez nous m'a sauvé la vie.

Tout commence lors d'un séjour au village ma mère et moi , j’avais un an et comme tous les matins mama me nourrissait à la cuisine et ce jour c’etait en présence d'une voisine à mes grands parents.

Quand soudain jai commencé à faire non de la tête signifiant mon refus de manger quoi que ce soit et ce durant tout le sejour.


Ma mère inquiète décide à ce qu'on rentre sur Yaoundé afin de rencontrer un medecin pour mon cas.


C'est le début de plusieurs années de maladie pour moi.

Mama a fait tous les hopitaux, toutes les églises, m’a donné toutes sortes de vitamines, je ne mangeais toujours pas.


Très vite j'ai commencé à être malade, cela a commencé par le kwashiorkor, ensuite les os.

Mes pieds ont commencé à se déformer je devenais bancal.

J'ai souvenir que mama attachait des morceaux de bois, des bidons sur mes pieds, et j'avais aussi des chaussures spéciales pour redresser mes pieds.

J'ai bu toutes sortes de coccions, je n'étais plus atteinte de mal nutrition mais mes pieds ne s’amélioraient pas.


C'est alors que mama a pris sur elle à l'insu de papa (très à cheval sur le sujet ) de me faire soigner au village, (chez elle) elle se rendit donc avec sa mère au fin fond du pays Bassa'a chez un patriarche tres reputé pour les cas desespérés comme le mien.


Arivée là-bas je n'arrêtais pas de pleurer ( grand mère m'a toujours taquiné sur la façon que j'avais de pleurer) en fait pour un enfant en bas âge, je pleurais comme une grand mère; si bien que le guerisseur m'a très vite remarqué et a dit à ma mère que d'où je viens je suis une reine avec des enfants bien plus vieux qu’elle, mais qu'elle ne s’inquiète je vais aller bien si les ancêtres ne me prennent pas.


Quand vint le tour de ma mère, le patriarche lui a donné des instructions précises, elle devait attendre la tombé de la nuit, me tenir la main et prendre la route de la forêt, marcher sans se retourner et que si jamais tout le long de la marche elle venait à constater que je ne suis plus à ses cotés qu’elle sache que je suis parti ( ce qui lui a donné plus de stress! Qu’allait - elle dire à mon père si tout ceci se passait mal) mais que si par miracle je revenais avec elle, alors il allait faire un rite le “ngué makong".


Avec tout le courage de mama, la marche fut faite dans la pénombre de la nuit et je suis revenu tenant la main de ma mère.


Ensuite vint l'étape du rite, mama devait avec moi au dos et les yeux bandés tourner 7 fois autour de je ne sais plus quoi ( des os peut être) et ceci sans tomber ( sinon la chute serait fatale pour nous deux) en présence des gens autour d'elle.


Pendant ce rite en faisant ces tours elle a failli tomber et tout ce monde autour d'elle s'écria en coeur “ kï mù" (qui signifie c’est quoi! comme ça) ce qui lui a donné la force de se redresser, et de finir les tours; enfin il fallait suivre un traitement et c’etait le début de ma guérison.


Souvent quand on va au village cette voisine se perd à me contempler sans doute s'etonne t'elle que mes pieds et ma morphologie n'ont souffert de rien.

J'ai été malade pendant plusieurs années à chaque fois que l'on me reconte ce histoire j'ai toujours des larmes aux yeux.


Je suis la preuve vivante de la puissance des traditions, hélas notre génération tend à oublier que nous sommes africains avant toute autre chose.


Merci de m'avoir lu.

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